17 juillet 2008
Guide de survie des filles rock
Il y a quelques jours je te parlait de mon achat :
Et je t'ai dit que je t'en reparlais dès que je l'aurai lu. C'est chose faite et je ne regrette pas mon achat. Parce qu'en plus des fostilieuses illustrations de la fantastique Colonel Moutarde, ce livre regorge de conseils malins qui ne serviront pas qu'aux filles rock (enfin surtout quand même, mais on a tous une fille rock en soit). Du tri de l'armoire à l'organisation de soirée, en passant par les techniques de survie en festival, sans oublier les conseils miracles pour sauver sa tête après une cuite, tout y passe, avec des astuces vraiment utiles et un ton drôlissime. Bref, je ne saurais que vous le conseiller (mais je ne mets pas de lien vers amazon parce qu'en tant que libraire je ne vais pas enlever le pain de la bouche de mes collègues, va donc le commander chez ton libraire préféré (et Maï, ça te dit que je te le prètes ?)).
Guide de survie des Fills Rock, d'Isabelle Chelley, illustré par Colonel Moutarde, éditions Tournon, 19.90€
16 juillet 2008
Addicted
J'ai finit Débutantes Divorcées Samedi soir, je vous en reparle bientôt, j'ai lu un nombre conséquent de manga le même soir, et à côté de mon lit il ne restait plus que quelques comics en anglais, que je n'avais pas envie de lire tout de suite, la fin de 21st Century Boys, que je veux retarder le plus possible. Alors j'ai dormi. Mais Dimanche matin je me suis levé discrètement pour atteindre un petit sac abandonné là dans le salon. J'en ai sorti un pavé noir et rouge, illustré d'une fille à l'air prétentieux qui fume une clope, et titré 'La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette'. Je l'ai commencé avec une extase totale, et en même temps un frisson d'angoisse parce que chaque page lue me rapproche de la dernière page publiée de Stieg Larsson. Les boules. En me réprimant au maximum je n'en suis actuellement qu'à la moitié, mais j'ai du mal à m'en décrocher et je dois me faire violence pour ne plus faire que lire compulsivement chacuns de ces mots. Ce tome est au moins aussi excellent que le premier bien que très différent, et là où Stieg joue finement, c'est qu'ils nous obligent à avoir un avis. Il distille les informations au compte goutte, puis, au milieu du bouquin (qui était aussi le point déterminant du premier tome, mais parce qu'il a manqué de me faire gerber), nous oblige à choisir notre camp, sans nous offrir la possibilité de nuancer. Coupable ou pas ?
Pour moi non coupable, sans aucun doute, mais Stieg m'a surpris tant et tant de fois que je m'attends à tout.
Pour moi aussi Lisbeth Salander est une princesse.
Et dire que je dois attendre la sortie France Loisir du trois après...enfin comme ça ça retardera un peu l'échéance avant que je doive errer pour trouver quelque chose d'aussi bon...
24 mai 2008
Comme une bombe dans un trou pommé
J'aime bien lâcher des infos exclusives quand tout le monde est déjà passé à autre chose. Et donc je vais vous crier allégrement 'Youhouuu les mecs c'est génial il faut trop que vous lisiez cette petite merveille' alors que ce bouquin est en méga facing même à Carrefour, pour te dire à quel point c'est déjà un best seller et tu n'as donc pas besoin de moi pour apprendre l'existence de cette fuckin' perle.
Je vais commencer par te dire que j'ai limite les larmes aux yeux depuis que, vingt pages avant la fin, j'ai lu la rapide bio de l'auteur en feuillet de quatrième de couverture (j'ai oublié le terme exacte mon bac L commence à dater). L'auteur est mort juste après avoir donné le manuscrit de ses trois tomes à son éditeur. Ca veut dire qu'il ne me reste plus que deux oeuvres de Stieg Larsson à lire. Ca veut dire que j'ai intérêt à les méga savourer.
Je l'ai déjà dit, de base, un bouquin avec une peinture représentant Mercredi Addams avec un collier de tête de Barbie autour du coup ça ne pouvait que me botter. Et puis.
Putain mais Stieg Larsson est un génie. Il serait pas devenu écrivain qu'il serait devenu Serial Killer tant sa logique implacable provoque l'étouffement.
Bon en fait si tu n'aime pas les polars, encore moins les polars durs, passe ton chemin. A un moment donné j'ai failli gerber, et j'ai du m'avaler un chocolat chaud pour arrêter de trembler.
Pourtant le tome 1 de Millenium cache bien son jeu.
Enfin....
Stieg te prend au piège à la première page. Le premier chapitre étant une sucrerie, sans explication juste une scène très bien écrite, et fort bien traduite. Le deuxième chapitre n'a plus rien à voir, et je t'avoue que c'est uniquement pour ce premier chapitre que tu te forces à continuer à lire, même si tu tombes vite dans un dialogue ultra chiant sur l'économie de la Suède et de probable pourritures à sa tête. Grand bien te fasses de continuer même si toi non plus ça ne te fait pas frétiller la paupière, l'économie suédoise (tu connais h&m et ikéa tu en es déjà très satisfait(e). Parce que Stieg, ce petit farceur, il t'a réservé une méga boite de gâteaux dont il ne te file que des micro miettes pendant une bonne grosse moitié du livre. Et pourtant, à la première centaine de pages tu es déjà finit, accro, tu regardes ton bouquin abandonné pour vaquer à d'autres occupations et tu le rouvres. Obligé de continuer.
Imagines une série de pièces très disparates les unes des autres, tu les regardes et à un moment tu vois l'une d'entre elle s'activer puis une autre, puis une autre, et elles s'imbriquent et forment une machine effroyable, effrayante, ahurissante, mais complètement fascinante.
Je crois que je n'ai jamais lu un truc aussi bien foutu.Et après avoir refermé la dernière page il y a quelques heures je ne peux dire qu'une chose : j'ai envie de me ruer sur la suite. mais je vais attendre parce que c'est ce qu'il faut faire pour bien savourer les bons gâteaux.
Voyagez dans les froids mordants d'une petite île suédoises, au sein d'une famille rongée par le passé et les secrets, les conflits d'argents et d'idéologie.
Stieg Larsson arrive à mêler économie, vie au sein d'une entreprise familiale, journalisme, avec la violence la plus pure, l'extrème psychopatie, le sexe, le nazisme, les patates à la crème, le hacking et même un peu d'amour.
Je crois que je vais être un moment sous le choc.
16 mai 2008
Hémoglobine et stilettos
Bon c'est mon dernier après j'arrête, promis.
J'ai un péché mignon, si tant est qu'il soit mignon. Je suis une livrivore, une vraie. Depuis le cp. Je lis énormément, très vite, et avec un plaisir monstrueux. Enfant j'ai vraiment lu tout ce qui me tombait sous la main, surtout surtout surtout du polar. Tout ce qui comportait une intrigue policière me faisait tripper grave et j'ai lu quasi tout Agatha Christie au moins deux fois. Puis petit à petit je suis allé vers des trucs plus 'atmosphère' avant de découvrir ma petite sucrerie préférée : la chick'lit.
Et au final, aujourd'hui que je ne lis plus depuis plus d'un an, c'est cette envie là qui revient au galop, parce que c'est aussi ce que je lis en manga mais que là je veux du bouquin à dévorer au soleil. De l'hémoglobine avec des meurtres ignobles, et des stilettos chaussant indécemment les petons de pauvres filles trop belles trop riches trop connes pour se dégoter un mec (mais qui ont l'homme de leur vie devant leur nez refait). Parce que j'ai autant de plaisir à lire les rubriques 'fait divers' de Ouest France (je me rappellerais toute ma vie de l'insondable déléctation en relisant trois fois le cas d'un homme qui avait assassiné sa femme, dont on avait retrouvé le corps à l'étage mais la tête au rez de chaussée dans un sac plastique) que les articles 'mode à petit prix' de Glamour avec rien en dessous de 250€ (petit prix on a dit), bref, des vrais trucs de dinde, je suppose.
Bref aujourd'hui c'était France Loisir time et j'étais partie pour m'offrir des bouquins bien cruches de la collection piment, mais finalement rien ne m'a interpellé. Alors je suis repartie sous le bras, semi-honteuse parce que je hais le côté best-seller, avec un bouquin qui m'avait tout de suite marqué dans la vitrine d'un petit libraire de bouquins étrangers il y a plus de six mois. Mercredi Addams en couverture, ça me suffit pour être sûre que c'est un bon bouquin. A suivre, donc.
Soit dit en passant vous m'excuserez pour les nombreuses fautes des articles de ce soir, je suis une pipelette chronique alors j'ai arrêté de me relire on aurait pas finit...
Prenez vos agendas et notez, devoir à rendre pour demain...
J'ai toujours l'impression d'être une glandeuse aux yeux des autres quand je dis que je bosse dans un magasin de bd. 'C'est cool tu peux lire autant que tu veux'...Oui bien sûr mais c'est du taff, et ça fait bien longtemps que je n'ai pas erré dans une librairie pour m'acheter deux-trois poches, plus le temps. Mes soirées je les passes avec des êtres de papiers, crayonnés, peints, colorisés à l'ordinateur. J'adore ça, mais je n'ai pas l'impression d'être une glandeuse...Je ne crois pas qu'une glandeuse se fixe tout ça à lire en une soirée, tout en postant sur son blog, discutant sur msn et quelques autres trucs...Enfin c'est un avis...
Je t'ai aimé comme on aime les cons / Crown t.3 / Love and Collage t.3
Nosatsu Junkie t.1 / Battle Club t.2 / Sumomomo Momomo t.3
Enfer et Paradis t.17 / Le blog (oui la merveille là en bd)
Itadakimasu t.3 / Le Sablier t.2
(J'ai arrêté à 1h45, à un moment donné faut laâcher l'affaire)
29 avril 2008
Petits énervements et bonnes surprises bloguesque, ou billet qui ne t'intéressera sûrement vu qu'il cause manga
Bon ça va dans cette catégorie parce qu'on parle manga. Ca ne va sûrement pas des masses t'intéresser, mais je suis un peu enervée alors je l'écrit quand même. Je ne citerais de noms que pour le positif parce que je suis bien élevée.
Tout d'abord, sache qu'il y a énormément de maisons d'éditions de manga (au moins une vingtaine comme ça je dirais), et parmi celles-là, il y en a quelques unes que je soutiens activement, parce que leurs parutions me plaisent...mais...
1- Pour une de ces maisons d'éditions, je me suis un peu battue pour les avoir au départ parce qu'ils n'étaient pas faciles à commander, aujourd'hui si, mais ils restent une petite maison qui débute un peu. Ils font des trucs supers sympas, que j'ai toujours conseillés dès que possible, parce que j'aimais leur esprit. Ca fait juste un an et demi que je les harcelais au téléphone pour une dédicace (les auteurs sont français pour la plupart), on me baladait. Puis en janvier on m'a dit : en mai, on vous rappelle pour vous en re-parler, mais c'est bon on vous réserve une place. Pas de rappel, je me dis qu'ils vont me rappeler je les crois je leur fait confiance. Quelle surprise donc en voyant une dédicace d'un de leurs auteurs dans une autre librairie (plus grosse, plus gros stock de vente, mais qui ne les a sans doute pas soutenu comme j'ai essayé de le faire à mon échelle). C'est con mais ça donne beaucoup moins envie de faire des efforts.
2- Une seconde de ces maisons d'éditions est plus importante et publie surtout des titres japonais. Très dynamique, elle offre un grand choix de super qualité. Il y a quelques mois on me présente une nouveauté que l'on me vend comme étant une histoire fini en trois tomes. C'est un plus parce que les séries en 52 tomes c'est rude pour le budget, j'aime bien conseiller des petites séries. Je lis le premier tome, grosse claque, graphiquement, scénaristiquement, c'est une tuerie. Je le conseille à tout le monde (enfin dans la tranche du lectorat), le manga est cher parce que c'est aussi un bel objet, et donc il dépasse le prix habituel. Les gens se laissent tenter et viennent me dire qu'ils adorent...deuxième tome, toujours grosse claque. Je me demande quand même comment l'histoire va finir en un seul tome, parce qu'à la fin du deuxième le scénario est toujours très dense. Un client + franginux me parlent d'une rumeur circulant sur un forum comme quoi en fait l'histoire ne serait pas fini, mais que l'auteur aurait arrêté au tome 3 sans donner de suite. Je suis tellement habituée aux fake (si on les écoutaient on en serait déjà au Blacksad t.9 -pour info on en est au 3 et le t4 ne sors pas avant 2009-....), je réponds sereinement que la représentante me l'a annoncé comme une série fini, je la crois. Sauf que mercredi dernier le tome 3 sort, et là j'ai vraiment les nerfs. C'est même pas que l'auteur s'est arrêté au tome 3, parce qu'en fait le tome 3 c'est une histoire bonus avec d'autres perso qui devront intervenir dans la première histoire. Au lieu d'avancer dans l'histoire, avant de nous laisser en plan (mais en ayant un peu avancer), nous voilà avec une histoire parallèle sur les bras et aucunes nouvelles de l'histoire géniale que l'on suivait...Je l'ai vraiment mauvaise. Mes lecteurs ont dépensés près d'une trentaine d'euros pour une histoire qui se fout de leur gueule. Une semaine que j'ai envoyé un mail à la maison d'édition pour leur dire de manière très polie ma façon de penser, ils ne m'ont toujours pas répondu. Je n'aime pas qu'on se foute de ma gueule, et encore moins de celle de mes clients...
3- Heureusement, une des maisons d'éditions fait tout bien : des sorties hyper orginales et dynamique tout le temps, qui recèlent plusieurs de mes séries préférées dans des genres très différents (Kimi Wa Pet, Basilisk ou encore Sumomo Momomomo, une nouveauté génialissime), dans des délais tenus (je crois que ce sont les seuls à tenir leur délai....), et depuis quelques temps, ils ont ouvert un blog. Ca fait un moment que je le lis sans vous en parler, mais quand je suis autant déçue par d'autres, j'avoue que cet espace me remonte le moral. Parce qu'il nous montre une équipe dynamique et passionnée, qui est assez humble pour remercier quand elle reçoit des prix (le monde de la bd est pleins de gens qui se la méga-pètent), qu'ils présentent leur série, voir même leur PLV, bref, qu'ils sont fiers de ce qu'ils font et le font avec intégrité. En plus, choisir d'ouvrir un blog c'est accepter la transparence car difficile de ne pas répondre à une critique laissée en commentaire. Bref, chapeau bas à Kurokawa et à leur Kuroblog, c'est ce genre de choses qui me motive pour continuer à conseiller les gens, je n'ai pas l'impression d'être toute seule à me démerder avec des titres sortis par des maisons d'éditions qui ne les lisent même pas et sont seulement attirés par l'appât du gain...
C'était le coup de gueule du mardi matin. Bien sûr si il ne grêlait pas sous le soleil le lundi après midi et si j'étais canon au réveil je serais plus aimable, mais c'est pas grave ça fait du bien de dire quand ça va pas aussi, même si vous lisez pas de mangas (bandes d'ignares) :)
16 mars 2008
Le petit pote Potter
J'ai finit Harry Potter il y a quelques jours. En genre un mois, j'aurais lu (ou relu pour les 5 premiers tomes, mais c'était vraiment loin dans ma tête) la saga complète du balafré.
Au début, j'ai été déçue, enfin c'était bien mais il y avait des trucs qui me génaient (le fait que sur les deux premiers tomes, surtout, les non-blancs n'existent pas, pourtant l'Angleterre est connue pour sa mixité sociale/le fait que Harry Potter passe son temps à faire exactement le contraire de ce qu'on lui dit de faire alors que c'est pour son bien, mais que ça lui réussisse toujours/le fait que Harry ne pose JAMAIS de questions à ses potes sur leur vie, leur famille, alors qu'il leur impose sa vie en long et en large, et qu'il trouve normal de recevoir des cadeaux de tout le monde mais qu'il n'en offre jamais à personne, enfin ce genre de comportement quoi...), et je regrettais un peu de ne pas avoir commencé Harry Potter quand j'avais 11 ans comme lui (mais ça n'était pas encore sorti), parce que certains trucs un peu mièvres ne m'aurait pas géné non plus. Mais j'ai continué, je me suis prise au jeu. Et j'ai adoré ça.
Finalement Harry Potter est vraiment une grande saga commerciale sans aucun doute, mais ça n'enlève rien à sa qualité.
Ce qu'il y a de bien c'est qu'on retrouve aussi des allusions à l'Histoire qui amène une certaine réflexion pour les ados qui le lisent (Voldemort, le sang impur qui fait de la quête de sa vie l'extermination de tous les autres sang impurs rappelle clairement les différents génocides qui ont souillés notre Histoire), qu'on arrive donc petit à petit à une réflexion sur la différence, sur l'amitié, et sur la fidélité. Tout ça en filigranne bien sûr mais il me semble que ce sont des thèmes important à l'adolescence, et à n'importe quel âge d'ailleurs.
Bref, j'ai quand même détestée J.K. Rowling de tuer le beau gosse de la série dès l'épisode 5 (qui n'est pas très beau dans le film je viens de vérifier mais je vais pas vous spoiler le tome 5 non plus), et l'auteur prend quand même un malin plaisir à dézinguer ses meilleurs personnages au fur et à mesure (et en écrivant ça je me demande si ce n'est pas un peu pour qu'on ne s'attache pas plus à un autre personnage qu'à Harry, qui n'est pas très attachant, ni très marrant, carrément versatile, hyper égoîste et complétement égocentrique, mais sympa quand même).
Harry Potter est vraiment une bonne série, et pas juste un bouquin pour enfant ni une manne commerciale. J.K. Rowling sait créer un univers auquel on a vraiment envie de croire, pas parce qu'il est beau et pétillant mais parce qu'il fait rêver quand même.
J'aurais bien aimé écouter plus longtemps la sage voix de Dumbledore, goûter aux gateaux trops durs de Hagrid, rigoler avec Fred et Georges, regarder évoluer Sirius, et voir aussi grandir James, Lily, et Albus, et tous les potes qu'ils vont se faire à Poudlard, mais toutes les bonnes choses ont une fin, comme on dit...
06 mars 2008
Le chat du kimono en Tea Party
Je vous ai parlé de la très gentille Nancy Pena il y a quelques jours seulement, et entre temps j'ai dévoré ses bd qui sont toutes vraiment excellentes, de la Guilde de la Mer où elle a su créer un monde fantastique sur fond de piraterie ou chats et souris se trahissent et s'aiment aussi, aux Nouvelles Histoires du Chat Potté où le Chat Potté donc, se retrouve embarqué dans des aventures rocambolesque avec Patience, le rate de La Fontaine (que tout le monde prend pour une souris). A chaque fois Nancy Pena se joue des codes, des cases et des histoires pour amener le lecteur dans des voyages qui sentent les épices et l'herbe coupée, le vieux cuir et les étoffes précieuses...
Le chat du kimono (oui Nancy aime les chats, avec son chéri elle tient d'ailleurs le blog autobiogriffue), c'est l'histoire d'un chat qui s'échappe des motifs d'un magnifique kimono, et qui va voyager à travers le monde pour le retrouver...S'entremêle des histoires connues (Sherlock Holmes) aux personnages créés de toute pièce par Nancy. Des histoires qui semblent décousues ais une fois encore l'auteur nous mène par le bout du nez pour notre plus grand plaisir. On passe du Japon à l'Angleterre en une case sans se sentir perdu. Un vrai bonheur.
Et par mail, l'adorable Nancy m'a prévenue qu'elle avait ouvert un blog pour Tea Party, la suite du Chat du Kimono. Il me semble qu'on peut la lire sans connaitre la première histoire. Alors je vous invite à découvrir son trait si fin et ses jolies histoires (même toi Maï ;)...
On clique sur l'intro pour entrer dans l'univers de Tea Party
02 mars 2008
Une belle claque de plus/ Semaine de la musique by zaëlle /2
Déjà quand j'ai vu l'affiche arrivée, une affiche hyper rétro j'ai été prise d'affection pour Le Rêve de Météor Slim. En plus c'était Duchazeau, Duchazeau il a fait, pas tout seul mais il a fait, Les Cinq Conteurs de Bagdad et Dieu qui pue Dieu qui pète, et ces bd font partie de mon classement des bd culte (où n'apparaissent pas XIII, ni Largo Winch, ni même Tintin ou Astérix), alors forcément, je me disais que ça serait super bien. En plus la bd est éditée en format vinyl, et ça c'est trop la classe.
Et puis je l'ai lu tout à l'heure, et j'ai été tout sauf déçue. J'aime cette bd, ç'ayait, la voilà qui fait partie de mes incontournables, celles que j'offre ou offrirait avec énormément de plaisir (les Cinq Conteurs de Bagdad, la Ligne de Fuite, Là où vont nos Pères, les Petits Ruisseaux, Rataffia, Mutafukaz, Trois Ombres, Marvel Zombie, le Chat du Kimono, les Allumeuses, les Funérailles de Luce, la Légende de la Garde, Lincoln...).
Météor Slim c'est un mec qui a tout quitté avec sa gratte, femme et bébé à venir, travail et foyer, pour la musique. Un rêve, une chimère. Faire du blues.
Sur son chemin il rencontre les vrais bluesmen qui ont marqué l'histoire de la musique. Il discute, apprend, se dispute. Il veut enregistrer un disque et qu'on ne l'emmerde pas. Il va de ville en ville parce qu'il se fait chasser de chacunes, de cabaret e cabaret parce qu'il est bon mais qu'il se passe toujours un truc, de frangines en frangines parce que le souvenir de sa femme le hante un peu.
Dans ses chansons s'entremêlent rimes érotiques et pensées noires, dans ses réactions se mêlent éclats de rire et coup de gueule.
On suit sa route à travers les Etats-Unis et les cabarets, on se blottit dans un coin pour écouter le blues qui s'échappe des cases, on rit, on pleurs, on applaudit, parce que ça fait tout ça la musique.
Météor Slim se laisse porter par son rêve comme une mélodie, sans jamais faire d'efforts, sans jamais faire de concessions.
Meteor Slim c'est aussi un dessin. Une belle claque dans la gueule même. Duchazeau est un maître sincèrement, il n'y a pas beaucoup de bd où je reste abasourdi devant une case juste parce que le trait est sublime.
On referme le livre en format vinyl et on a l'impression que le disque se conclut aussi, et qu'on entend plus que le bruit que fait le vinyl sur son lecteur, comme un faux silence. Parce qu'en fait on est plus tout à fait pareil, on connait Meteor Slim.
27 janvier 2008
Là où vont nos Pères
Je vous en avais déjà parlé sur mon ancien blog et je me disais que je devrais vous en parler ici. Vu que la bd était en séléction à Angoulême je me suis dit que ce srait l'occasion mais je n'ai pas eu le temps, et vu que ce midi, mon frère m'a appelé pour me prévenir que c'était cette bd qui avait gagné (ça c'est du pur réveil qui donne le sourire !)...c'est donc l'occasion toute trouver de vous re-présenter cette bd qui vaut plus que toute autre le coup d'être lue. Pour être tout à fait sincère, je pense que c'est ma bd préférée, et à chaque fois que je la conseille au magasin, j'ai une certaine émotion dans la voix (j'ai même réussi à mettre une mamie au bord des larmes en lui racontant l'histoire, et une autre dame à qui je l'ai conseillé pour elle même l'a acheté en 20 exemplaires pour l'offrir à tous les gens qu'elle aime à Noël...).
Là où vont nos pères, c'est Shaun Tan, un australien fils d'immigré, qui raconte juste par le dessin une histoire universel : l'immigration.
Sans aucun texte, donc, Shaun Tan nous raconte l'histoire d'un père de famille qui quitte son pays et sa famille pour aller gagner sa vie dans un pays qui va mieux. C'est un mélange d'images très réalistes qui nous font penser à l'immigration d'un père de famille européen vers les Etats Unis dans les années 30, et de pleins de choses imaginaires qui viennent s'y greffer. La difficulté à communiquer se transorme en pleins de feuilles collées au visage et faites de signe bizarres, la solitude devient une petite bête imaginaire qui suit l'homme partout.
Shaun Tan est un génie. En une image, il raconte la Shoah avec une intensité hors norme. Chacune de ses images est un tableau, et il laisse libre cours à certaines de ses cases qui prennent alors une double page, pour nous raconter tout ce qui n'a pas besoin de mot.
Cette bd, c'est une oeuvre d'art. Le genre de monument qu'on devrait tous avoir chez nous. Alors n'attendez pas, sincèrement, faites vous ce cadeau là, vous ne le regretterez jamais...












